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"Les actualités d'aujourd'hui, c'est l'histoire de demain." (Raymond Queneau)

Vu, lu, entendu

Lundi 19 mars 2007
J’entendais ce matin Noël Mamère, invité de RTL. Ce dernier disait de Nicolas Hulot «Il nous a fait du tort en faisant de l’écologie un apostolat. Or l’écologie, c’est avant tout un combat politique». Les écologistes, crédités de 1% aux prochaines présidentielles, doivent-ils se trouver pour autant un bouc émissaire ? Sont-ils en phase avec l’électorat français qui leur a un temps accordé ses suffrages, mais a bien vu que cela ne servait à rien dans les actes. Notamment parce que les écologistes n’ont jamais su imposer leurs idées, transformer l’essai en actes, même lorsqu’ils étaient au gouvernement. Et si l’écologie était tout simplement un acte, un devoir citoyen ? Si notre planète va si mal que ça, comme semblait l’indiquer le film d’Al Gore, «Une vérité qui dérange», pourquoi l’écologie devrait-elle être l’apanage des écologistes ? Croire que seul l’électorat vert (1 %, donc) se préoccupe d’écologie, c’est mauvais signe pour la planète. Savoir si le pacte proposé par Nicolas Hulot est un engagement suffisant est un autre débat. Au moins, c’est un premier geste, et il a été signé par nombre de candidats à la présidentielle. Souhaitons que ces paraphes ne soient pas des promesses électoralistes, sans répercussion factuelle une fois le ou la signataire au pouvoir. Mais non, l’écologie n’est pas réservée au parti politique qui s’en réclame. Les Verts, par le message qu’ils véhiculent, doivent être des déclencheurs des consciences, tout comme Nicolas Hulot. C’est à nous, citoyens, de prendre le relais. Tout en sachant que si des écologistes devaient un jour présider au destin de la France, une politique 100 % écologique ne serait pas viable dans un pays industriel et agricole. Chacun d’entre nous a aussi sa part de responsabilité. Le message du film «Une vérité qui dérange» était assez clair : c’est le seul documentaire dont les victimes comme les coupables sont dans la même salle obscure, c’est à dire NOUS. L’écologie politicienne, est-ce pour autant imposer une taxe supplémentaire aux personnes qui prennent l’avion ou aux automobilistes qui déjà font l’effort de rouler moins (une étude récente le prouve). La politique écologiste, c’est faire payer toujours plus l’électeur. Le devoir écologiste citoyen, c’est faire prendre conscience que si l’on baisse son chauffage d’un degré, que si l’on ne laisse pas son ordi ou sa télé en veille, que si l’on éteint la lumière une fois qu’on est sorti d’une pièce, que si l’on respecte les vitesses sur la route plutôt que de rouler à 180 km/h, non seulement on consomme moins d’énergie, donc on débourse moins d’argent, mais en plus, c’est bon pour la planète. Que l’écologie cesse de nous culpabiliser ; qu’elle nous responsabilise ! Que les Verts cessent de rejeter la responsabilité sur quelqu’un d’autre de leur inaptitude à communiquer convenablement sur leur cheval de bataille, ce qu’a su faire Nicolas Hulot. L’écologie n’est pas politique, ce qui signifie clan et division. Elle est civique et pédagogique, ce qui suppose de réunir toutes nos forces pour conserver une planète viable. Il ne s’agit plus là de penser aux générations futures ; cela nous concerne déjà aujourd’hui. Maintenant.
Par cedricyerres
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