Mardi 18 décembre 2007
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Les Femmes en Or récompensent chaque année des représentantes du «sexe faible» qui ont su montrer leur force dans leur domaine de référence respectif. Parmi les lauréates de cette 16ème édition, Mama Galledou a été élue Femme de l’année.
Depuis octobre 2006, bien malgré elle, cette jeune Marseillaise a été placée sur le devant de la scène parce qu’elle est la victime d’un bus incendié par des jeunes en révolte. Gravement brûlée, son combat est désormais permanent pour retrouver sa vie d’avant.
Même si sa lutte est digne et son courage certain, Mama Galledou méritait-elle pour autant ce titre de Femme de l’année ? N’aurait-il pas mieux valu honorer une femme qui agit plutôt qu’une femme qui subit ? Le jugement peut paraître sévère, mais c’est une victime avant tout. Bien sûr, son histoire a fait la une de l’actualité tant lors de l’incendie que des procès qui se sont succédés. Bien sûr, son cas a fait l’objet d’une prise de conscience collective que de telles atrocités ne devraient jamais avoir eu lieu. Bien sûr, Mama a tenu à témoigner au procès de ses bourreaux, par vidéo, ce qui démontre un certain courage, une force de caractère.
Mais sans ce drame, Mama Galledou serait restée une anonyme parmi tant d’autres, à poursuivre son bonhomme de chemin, alors que, dans l’ombre, des femmes militent, agissent pour faire bouger le monde à l’aide des moyens dérisoires qui sont les leurs. Ces femmes ne demandent pas la notoriété ; Mama Galledou non plus, certainement. Mais leur combat, lui, mérite la lumière.
Nous avons en France cette fâcheuse habitude de réagir une fois que le pire est arrivé. Le décès tragique de Marie Trintignant a mis en avant le drame des violences conjugales. L’affaire Mama Galledou stigmatise les excès des violences dans les banlieues et l’impuissance du gouvernement à apporter des solutions viables au mal-être des cités.
Or Mama n’est pas une cause. Elle est un prétexte. Elle est une personne blessée par les circonstances de la vie qui ont fait qu’elle s’est trouvée au mauvais endroit au mauvais moment. Elle aurait assurément voulu ne jamais faire la une de l’actualité. Pas de cette manière. Or elle se voit récompensée pour un coup du sort qu’elle n’a jamais souhaité.
Seuls la médecine et la bienveillance de ses proches peuvent désormais apporter du réconfort à Mama. Elle n’avait pas besoin d’un trophée. Elle cherche plutôt à retrouver l’anonymat qui était le sien avant. Aidons-la plutôt dans cette voie. C’est que la réintégration dans le quotidien aura réussi.