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"Les actualités d'aujourd'hui, c'est l'histoire de demain." (Raymond Queneau)

Mercredi 31 octobre 2007 3 31 /10 /2007 09:52
Dans le cadre de la réforme des institutions, le président Sarkozy n’a pas oublié de se servir. Son salaire doit augmenter de 140%, et ainsi passer de 8.000 à plus de 20.000 euros. Inadmissible (pour reprendre l’une de ses expressions favorites) ? Pas quand on compare son salaire à celui de son premier ministre ou même d’un secrétaire d’Etat (16.000 euros minimum). De même, les traitements du premier ministre anglais, du chancelier allemand ou du président des Etats-Unis tournent autour de 20.000-25.000 euros.
L’actualité politique, par contre, rend cette initiative choquante. En pleine réforme du régime des retraites, beaucoup se sentiront lésés. Nul n’imaginait que le fameux «travailler plus pour gagner plus» s’appliquerait d’abord au président de la République. Qui n’aimerait pas avoir une augmentation de salaire de 140% ? Les grandes entreprises, elles, ont la réflexion inverse : elles délocalisent leur production pour gagner notamment sur les coûts de la main d’œuvre.
Résultat : une situation de l’emploi qui a rarement été aussi précaire, un pouvoir d’achat qui diminue quoi qu’on en dise (en témoigne la forte inflation des produits céréaliers, laitiers et leurs dérivés), un nombre sans cesse croissant de personnes qui frappent à la porte des Restos du Cœur et autres associations caritatives… À côté de cela, le président de la République vit au crochet de la France, ne dépense rien ou presque, et le budget affecté à l’Elysée est dispendieux. Nicolas Sarkozy prend l’avion car il déteste le train, certes. Mais il ne crache pas sur son train de vie.
Par contre, si, comme ironisent certains journalistes, l’augmentation de salaire du président doit servir à régler son divorce, alors cessons tout ce cinéma fait autour de cette séparation. Si les Français doivent en régler les frais, rendons 100% publique la vie privée de Nicolas Sarkozy.
Aux Etats-Unis, les acteurs peuvent devenir présidents. À force de mise en scène et de peopolisation de son quotidien, à titre privé ou public, offrons à notre président, au terme de son mandat, des rôles au cinéma. La diffusion à la télévision de l’épisode de la prise d’otage de la maternelle de Neuilly, où Nicolas Sarkozy jouait un rôle prépondérant, est un signe encourageant. Et les cachets sont autrement plus avantageux qu'un salaire de président.
Par cedricyerres - Publié dans : Politique
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