
Depuis plusieurs jours elle fait couler
beaucoup d’encre. Un collégien indiscipliné, un professeur excédé, une gifle qui part, le père de l’élève gendarme, une garde à vue, en attendant un jugement en mars, tous les ingrédients sont là
pour relancer le débat sur la nécessité de recourir à la violence pour éduquer.
Certes, nous savons aujourd’hui que la gifle ne fut qu’une partie de l’altercation. La partie de l’iceberg, qui a jeté un froid dans le milieu de l’Education Nationale et beaucoup d’émoi dans les
médias. Alors oui, le professeur a été trop loin. Tout comme la sanction qui lui a été infligée.
Nous avons donc le fils d’un gendarme qui n’obéit pas à une remarque de son professeur, puis l’insulte. Un élément perturbateur suffit pour plomber l’autorité d’un professeur. Fallait-il que ce
dernier passe l’éponge sur le tableau noir des violences – verbales mais aussi physiques, de plus en plus – dont le corps enseignant est victime ? Fallait-il hausser le ton quand de plus en
plus le chahut est de mise ? La gifle est l’illustration flagrante d’un défaut de maîtrise, pourtant, il y a quelques décennies en arrière, les coups de règle ou les fessées étaient de mise.
Ouh, que c’est barbare ! Mais aujourd’hui, ce sont ces personnes qui ont été «brutalisées» qui constatent que le monde part à vau l’au. Que l’autorité est maintenant du côté des élèves, non
plus du professeur.
Bien sûr que cette gifle ne doit pas se généraliser. Mais que va devenir l’autorité du corps enseignant si ce professeur, sanctionné par sa hiérarchie, est condamné par la justice ? Qui
osera faire face à l’élève-roi, auquel on n’a pas appris le respect ? On dit que désormais c’est à l’Education Nationale que revient, comme l’indique son nom, l’éducation des enfants hier
dévolue aux parents. Ne jetons pas la pierre à ces derniers vu les circonstances actuelles, mais il est un fait qu’un certain nombre d’entre eux font preuve de laxisme.
Et le comportement disproportionné de ce gendarme de père, pourtant habitué, de par sa profession, au respect et à la discipline, n’arrange pas les choses. Des excuses auraient pu être demandées.
Mais le professeur est d’ores et déjà condamné à une double peine : celle infligée par sa hiérarchie ; celle de se voir confronté à l’opprobre publique, pointé du doigt, mis à l’index.
Le couler davantage en évoquant son penchant pour la boisson est la goutte d’eau qui fait déborder le vase. On a vite fait d’oublier un comportement certainement irréprochable durant des années
d’enseignement, dans des conditions pas toujours facile.
Dans cette affaire, c’est la question de l’éducation de nos chères têtes blondes qui prend une grande gifle. Ni les élèves ni les professeurs ne sont des têtes à claques. Mais la violence, sous
quelque forme que ce soit, est à bannir des deux côtés. Or l’indiscipline est une violence morale quotidienne à laquelle nos enseignants ont à faire face. Ayons conscience de cela…