
Le poker revient au goût du jour. Goût du jeu, goût du risque, jusqu’au dégoût, l’addiction, la chute.
Le bluff ne réussit pas à tous les coups.
Comment ne pas faire un lien avec ce que vit la Société Générale depuis quelques jours ? Avec le fonctionnement de l’ensemble du système bancaire et financier ? Sur les marchés boursiers, la prise
de risque est quotidienne pour les traders. C’est inhérent, inéluctable. Et ces employés vivent pour cela. La place de Tokyo ferme, et c’est celle de Paris qui ouvre peu après. Les milliards ne
dorment jamais. Seule, à en croire ce qui s’est passé, la vigilance s’assoupit.
Et cela est d’autant plus aberrant quand on voit les sommes mises en jeu ! Un client lambda est à découvert de 5 euros et les agios qu’il devra payer à la banque seront plus importants que la somme
dont il est débiteur. La Société Générale perd cinq milliards d’euros, et son PDG s’empresse de rassurer : la banque fera néanmoins un léger bénéfice. Dans le monde des affaires, on s’intéresse
davantage aux actionnaires qu’aux client qui, eux aussi, craignent pour leurs comptes.
Jérôme Kerviel a joué et a perdu. Mais était-il vraiment le seul assis à cette table de poker menteur ? On pourrait en douter, à voir le délit d’initié qui se met en place pour l’un des dirigeants
de la Société Générale.
La banque n’aurait-elle pas cru au coup de bluff phénoménal de son trader ? Au point de le laisser faire. Tout le monde se serait alors laissé griser par la possibilité de gain à la hauteur des
sommes mises en jeu. Or, pour le coup, le joueur a perdu, la banque a raflé la mise. Mais pas la banque que l’on croit. La Société Générale a fait un impair et passe. Rien ne va plus…
Par cedricyerres
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Publié dans : Economie
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