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Mardi 6 mai 2008
Voici déjà un an que le président Sarkozy a entre ses mains le destin de la France et des Français. Il a été élu sur la rupture et le pouvoir d’achat. Force est de constater que si ce pouvoir d’achat est aujourd’hui la préoccupation numéro un du moment, il est aussi la cause principale de la rupture entre «l’hyper-président» et le peuple.
Il y a un an, le moral des Français était déjà morose, mais le président, pourtant de droite, promettait un avenir plus rose. Certainement pour le spécialiste de la rupture lui-même. En témoigne sa séparation d’avec Cécilia pour mieux convoler avec Carla. En témoigne aussi la hausse vertigineuse de son salaire élyséen alors que les Français voient davantage s’envoler l’inflation et leurs espoirs de gagner plus (même en travaillant plus).
Bref, après un an, Nicolas Sarkozy, qui ne veut être jugé qu’au terme de son mandat, n’a pas fait grand chose pour rassurer les Français. Des réformes ont bien été entreprises, et l’on ne peut pas dire qu’il aura été inactif dans ce domaine. Mais tout un chacun ne voit pas d’impact bénéfique à ce qui aura été entrepris.
Si Nicolas Sarkozy doit souffler aujourd’hui sa première bougie, ce sera donc surtout pour éteindre le feu qui couve. Étudiants, retraités, fonctionnaires… 40 ans après mai 1968, le peuple est à nouveau dans la rue. Rien que de très habituel connaissant le tempérament des Français. Il m’empêche que de plus en plus de personnes s’inquiètent de l’avenir. Ils pensaient avoir mis aux commandes un super-héros qui règlerait tous leurs problèmes. Ils s’aperçoivent aujourd’hui que Nicolas S n’est pas Superman, mais un homme, avec tout ce qu’il a de défauts (la vanité surtout, convaincante parce que nous avons été victimes de ses facultés de persuasion) et de limites.
La rupture aura donc été le seul vrai succès de Nicolas Sarkozy. Pas celle qu’il espérait. Après un an d’exercice du pouvoir, jamais la côte de popularité d’un président de la République n’aura été aussi basse. Le peuple français ne demande plus à être charmé mais contenté ; il ne demande plus à être abreuvé de belles promesses mais à être écouté. Et entendu.

par cedricyerres publié dans : Politique
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